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sirlene barbosa et João Pinheiro

Traduction : Dominique Nédellec

ISBN :978-2-917897-32-4/ parution le 08 FÉVRIER 2018
136 p / 21,5 x 29 cm / 21 €
 
Couverture cartonnée


Extrait                                     


Avant de devenir un véritable phénomène littéraire dans le Brésil des années 1960, Carolina Maria de Jesus (1914-1977) a connu la misère et l'exclusion, élevant seule ses trois enfants dans la favela de Canindé, l'une des premières de l'État de São Paulo. Mais, en femme de caractère, avec courage et détermination, elle a surmonté les obstacles et les préjugés liés à ses origines sociales et à la couleur de sa peau.
Avec ses romans, ses poèmes et ses chroniques, Carolina a fait plus que dénoncer les injustices. Elle a su donner ses lettres de noblesse à une « écriture de chiffonnier », produite par ceux qui, relégués aux marges de la société, n'acceptent plus de se taire.




Colloque International « Mémoire des Amériques » - Juin 2007
Germana Henriques Pereira de Sousa
Université de Brasília

L’étrange journal de Carolina Maria de Jesus1

L’écrivain brésilienne Carolina Maria de Jesus, née en 1914, à Sacramento, dans le Minas Gerais, quittera sa ville natale dans les années 1940 pour São Paulo, à la recherche de travail. Dans cette grande ville, symbole à l’époque de la modernisation nationale, elle exercera plusieurs activités, toutes très précaires, et se retrouvera finalement comme chiffonnière, habitant avec ses trois enfants dans la favela do Canindé, proche du fleuve Tietê. Avec seulement deux ans de scolarité, cette femme noire commencera à écrire en autodidacte sur des cahiers d’écoliers qu’elle ramassait dans les poubelles. Depuis toujours, elle avait cette obsession de publier ses écrits et d’être connue, ce qui la poussait à envoyer ses manuscrits à plusieurs maisons d’édition. Cependant, en 1958, elle est découverte par un jeune journaliste, Audálio Dantas, grâce aux concours duquel elle sera enfin publiée. En effet, Dantas fera une édition du journal de Carolina à partir de vingt cahiers. Pour lui, parmi tout ce qu’elle écrivait - romans, poèmes, proverbes - le journal était le seul genre qui « valait la peine d’être publié » . Cette édition des cahiers a donné naissance à deux ouvrages : le premier, Quarto de despejo, est paru en 1960 [Le dépotoir, éd. Stock, 1961], et le second a été lancé en 1961, Casa de alvenaria [Ma vraie maison, éd. Stock, 1964], tous les deux édités par la librairie et maison d’édition Francisco Alves.
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