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Halfdan pisket

Traduction : Jean-Baptiste Coursaud

ISBN :978-2-917897-25-6/ parution le 13 FÉVRIER 2017
104 p / 21,5 x 29 cm / 18 €
 
Couverture cartonnée


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Prisonnier d’une geôle lugubre, le père de Halfdan Pisket se souvient du moment où il habitait ce village non loin de Kars dans la zone frontalière instable entre la Turquie et l’Arménie.
Né dans une famille aisée, d’un père turc et d’une mère russo arménienne, il y menait une vie d’adolescent presque normale même si les alentours sous tension étaient surveillés par les conscrits turcs  les « sans-visage ».
Toutes les religions et coutumes cohabitaient en paix mais la terre sombre de ce pays recélait encore le souvenir funeste d’un génocide arménien.
Les évènements dramatiques commencent à s’accumuler lorsque son meilleur ami est abattu par les « sans-visage », alors qu’il ne faisait que prendre du bois dans la forêt. Suite au choc émotionnel, rempli de haine, le jeune homme est terrassé par ses premières crises d’épilepsie. Alors qu’il est enrôlé de force dans l’armée des « sans-visage », il suffira qu’une visite à son père malade soit refusée par sa hiérarchie pour qu’il décide de prendre la fuite. Très vite repris, c’est de cette sinistre geôle qu’il nous raconte quand il n’est pas torturé  son histoire chaotique, au rythme des crises d’épilepsie et des flash-back, créant ainsi une pulsation très singulière entre la réalité transcendée pleine de poésie et le récit historique.
Basée sur des interviews du père de l’auteur et des anecdotes tirées de sa vie dans les années 60-70, cette histoire troublante d’une famille qui part en lambeaux est sublimée par un dessin intense, tourmenté et convulsif.


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Basée sur des interviews du père de l’auteur et des anecdotes tirées de sa vie, cette histoire chargée du souvenir tragique du génocide arménien, n’en est que plus troublante.
Le travail d’écriture de cette trilogie biographique a été l’occasion de rapprocher un fils de son père qui, au début, ne désirait pas raconter son passé difficile, évoquer ses faiblesses ou confier ses sentiments. Peut-être parce qu’il était trop fier, étant d’une autre génération et d’une autre culture.
C’est donc aussi par l’intermédiaire d’autres personnes, qu’Halfdan en saura un peu plus sur son père, comme la torture par exemple.
Lorsqu’il émigrera au Danemark, à défaut de trouver du travail, son père sombrera peu à peu dans le trafic de drogue avec plusieurs séjours en prison. Mais ne supportant plus cette situation, son fils Halfdan, devenue adolescent, le menacera de ne plus le voir s’il continue dans cette voie chaotique. De ces discussions mouvementées est née l’idée de ce projet ambitieux qui se décline en trois volumes et deviendra un best seller au Danemark.





Fils d'émigré turco-arménien né en 1985, Halfdan Pisket a suivi ses études à l'Académie royale danoise des Beaux-Arts de 2003 à 2009. Très vite, il auto-édite certaines de ses oeuvres comme "Vold" dont l'auteur était Hans Otto Jorgensen, et "Hail the Dark Lord".
Plus tard, Halfdan éprouvera le besoin d'écrire l'histoire de son père dans la trilogie qui débute par Déserteur paru en 2014 au Danemark suivi aussitôt par Kakerlak en 2015 et Dansker en 2016.

Pour son travail sur cette trilogie, l'auteur sera récompensé de la plus importante bourse d'étude attribuée sur trois années, soit la plus haute distinction du comité des bourses de la fondation des arts. C'est la première fois que cette bourse est accordée à la littérature graphique, "pour une œuvre achevée inhabituelle dans laquelle les mots et les images fusionnent dans un conte cru et saisissant".
L'auteur bénéficiera également de la bourse Rikke Villadsen pour la création de dessins animés et recevra notamment le Ping award en 2015.
Passionné de vidéo, Halfdan travaille auprès du groupe de musique engagée Albertslund Terror Corps, qui est associé à Enough records.
La narration restera toujours au centre de son travail qu’elle soit en vidéo ou en dessin. Dès lors la bande dessinée deviendra pour lui un moyen de retranscrire ses émotions tourmentées, violentes, en nous livrant toute l’intensité graphique et narrative qu’il recherche depuis toujours.

http://www.pisket.dk/


 

LE MONDE du 27 avril 2017 : 
Magnifique récit de l’impossibilité d’appartenir, de la difficulté de participer à une Nation qui cherche à vous briser pour vous rendre identique, anonyme, soldat, "Déserteur" possède la grande beauté mélancolique de ce village abandonné, de ce village devenu fantôme où les chamanes n’invoquent plus les esprits des loups, où les musulmans ne prient plus dans l’église que leur cédait bien volontiers le pope, de ce village et de ses habitants si bien tordus, si magnifiquement déformés par la pratique de la mixité, de la frontière, par la proximité de l’étranger qu’ils sont à jamais libres, à jamais libres et impossibles à domestiquer, quelle que soit la violence qu’on emploie pour y parvenir. Mathias Énard (écrivain prix Goncourt 2015)
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TÉLÉRAMA DU 22 mars 2017 (TTT) :
Premier volet d'un triptyque que Halfdan Pisket (né en 1985) consacre à l'histoire de son père, Déserteur est une oeuvre à la première personne, âpre et puissante. Non seulement le jeune dessinateur danois est parvenu à se glisser dans les souvenirs douloureux de son daron, mais il a aussi su en faire une oeuvre cathédrale. Profondeur, émotion, rythme, onirisme, cohérence, nombre d'or et grain de folie : rien ne manque. Et le dessin n'est pas en reste. De ce noir et blanc somptueux, où le trait semble fait au scalpel, jaillit une lumière crue, qui écrase visages et paysages, et confère aux ombres une densité mystérieuse. Il y a du Pratt dans cette façon de découper l'image, de figurer la lune ou de saisir au vol la beauté d'une femme...  Stéphane Jarno
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ACTUA BD du 22 mai 2017 :
Un destin ô combien tragique, donc, et pourtant raconté sans pathos. Il est certes difficile d’entrer dans cette histoire tant elle est pesante et impressionnante. Mais les choix graphiques et narratifs d’Halfdan Pisket rendent son ouvrage profondément marquant. Plusieurs originalités donnent ainsi toute sa force au récit. (...)
Ce Déserteur appartient donc aux ouvrages qu’il faut prendre la peine de lire même si leur sujet peut paraître sombre. Récit d’une grande dureté, où la violence est omniprésente, il rappelle à quel point certains destins individuels semblent refléter l’histoire de leur pays. Halfdan Pisket fait preuve d’une grande maîtrise et son travail a d’ailleurs reçu un bon accueil au Danemark. Il faudra sans nul doute veiller à la parution des deux prochains tomes aux éditions Presque Lune - Kakerlak (Cafard) et Dansker (Danois).
Frédéric HOJLO
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DBD janvier 2017 : Avec un magnifique trait en noir et blanc à l’influence argentine – José Muñoz en tête –, ce jeune dessinateur crée une ambiance où même la lumière est synonyme d’angoisse, celle des crises d’épilepsie. Un drame implacable dans lequel les larmes coulent parfois. Dans une Turquie à la fois belle et effrayante.
Frédérique Pelletier
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MONACO HEBDO AVRIL 2017 :
Génocide. Ce n’est que le premier volet d’un triptyque, mais il promet beaucoup. Halfdan Pisket, jeune dessinateur danois d’origine turque de 32 ans, a construit cette BD à partir d’une série d’entretiens avec son père, qui a vécu le génocide arménien. Enrôlé de force par les « sans-visage », il est obligé de porter une cagoule et de surveiller la frontière, entouré par d’autres appelés turcs. Dans un noir et blanc absolument magnifique, cette BD voit son personnage principal happé par la folie des événements, qui défient l’entendement et tout sens de l’humanité. Après Déserteur (Desertør) publié en 2014 au Danemark, on attend désormais Kakerlak (paru en 2015 au Danemark) et enfin Dansker (paru en 2016 au Danemark). On a hâte.
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AAARG N°8 Avril :
(...) Déserteur, au sein duquel l’auteur, Halfdan Pisket, fils d’émigré arménien, raconte l’histoire de son père. Cette histoire « chargée du souvenir tragique du génocide arménien », au caractère onirique, étrange et pourtant frontal, a imposé Pisket comme un auteur danois incontournable. Le premier tome débute avant la guerre, dans un climat tendu, où les rapports entre communautés, alors sereins, se délabrent. Un traumatisme violent assomme moralement le narrateur, qui devient épileptique, avant d’être engagé de force dans l’armée oppressive. C’est le début d’une vie jalonnée de violence, racontée avec un dessin intense, tout en noir et blanc. De par son sujet et son traitement, j’ai mis quelques pages à sérieusement rentrer dedans, mais une fois fait, j’ai été submergé par ce premier opus, sa radicalité, et sa profondeur. Pierrick Starsky
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ZOO Avril 2017 :
Vivre près d'une frontière peut avoir des avantages. Mais quand celle-ci sépare la Turquie de l'Arménie, la situation est plutôt explosive. Comme pour ce jeune militaire turc, déserteur dans les années 70, emprisonné dans une geôle déprimante. Son seul échappatoire, se souvenir des jours heureux dans son village frontalier, ouvert à tous les cultes. Quand est-ce que tout a dérapé ? La présence aux alentours de jeunes soldats gardefrontières énervés de la gâchette n'y est pas étrangère. En racontant ce déserteur, son père en réalité, Halfdan Pisket dresse le portrait amer d'une Turquie totalitaire qui broie le désir de paix de son peuple. Sombre et glaçant. Thierry Lemaire
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