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juan pascal



Si Octave Mirbeau nous a donné Le Journal d'une femme de chambre, Pascal Juan, soucieux de cette parité en vogue un siècle plus tard, nous donne à suivre, caméra sur l'épaule, les tribulations d'un “homme de ménage”, son aspirateur sous le bras. Mirbeau n'a sans doute jamais été bonne à tout faire. Mais qu'en est-il du coup de balai de Pascal Juan ?
« Madame Bovary, c'est moi », a un jour écrit Flaubert (même si on sait depuis, grâce à des analyses au carbone 14 que ce n'était pas lui, mais un cousin qui lui ressemblait vaguement). Pascal Juan, lui, est-il Conchito ?
Exilé au fin fond du Limousin, on dit qu'il porte constamment un chapeau afin que les satellites les plus puissants ne l'identifient pas. La légende affirme même que les miroirs ont renoncé à refléter son image, par lassitude. Quelques Limougeauds, pourtant, se targuent d'en savoir plus que les autres. D'aucuns se vantent d'avoir partagé des repas avec lui, et ajoutent qu'il ne mange pas très proprement. D'autres prétendent qu'il est mort depuis des lustres mais que son électrisante lumière ne nous parvient qu'aujourd'hui. Du fond de son caveau, Romain Gary jure que, cette fois, Juan ce n'est pas lui !
Une voix un peu plus crédible que les autres, puisque c'est celle de l'auteur, mais étouffée sous un mouchoir, laisse entendre que Conchito est pour 90% une fiction et pour 90% l'exacte réalité.
Seules, peut-être, certaines bourgeoises vieillissantes de la cité porcelainière pourraient parler. Parler d'un jeune homme bien élevé, propre sur lui, et qui, pourtant, n'hésite pas à jeter sa culotte sur les bras de leurs fauteuils en velours. Mais bien malin qui ira leur arracher cet aveu. Pascal Juan, le Fantomas nu des quartiers rupins, peut encore aspirer... à de beaux jours de quiétude.

 


conchito couv